Vous êtes ici

La terre qui les sépare de Hisham Matar

Auteur : Hisham Matar
Editeur : Gallimard Paris
Publié : 2016
Type de document : Livre
Cote : b mat

Adversaire farouche de Kadhafi, Jaballa Matar se réfugie en Egypte dès 1979 pour protéger sa femme et ses deux fils tout en se maintenant à la tête du principal mouvement d'opposition à la dictature. En 1990, kidnappé par les services secrets d'Hosni Moubarak et livré aux autorités libyennes, il est emprisonné dans les geôles d'Abou Selim : moyen rapide et implacable utilisé par ces deux régimes pour mettre fin à toute insubordination et terrifier la population. Mort ou soumission.

Agé de 19 ans, Hisham Matar réfugié en Angleterre après l'enlèvement, n'a pas perdu espoir de revoir un jour ce père charismatique, emblématique. Pendant les vingt ans qui vont suivre, il remue terre et ciel pour le retrouver, contacte OGM, ambassades, journalistes,  hommes politiques : peine perdue, personne ne sait ce qu'est devenu le célèbre opposant. Quand en 2011 Kadhafi est abattu, l'écrivain décide alors de revenir en Libye pour continuer ses recherches auprès de ceux qui l'ont connu. Quel sort lui a t-il été réservé ? Est-il mort, massacré comme tant de détenus ? Pourtant il espère encore le retrouver vivant, caché quelque part, brisé par les mauvais traitements, amnésique, ayant tout oublié de son passé et de son identité. Ce voyage, pour découvrir la vérité, n'aboutira pas plus que les recherches précédentes : Jaballa Matar est toujours cette ombre insaisissable.  Seule reste la souffrance du fils qui ne peut faire le deuil de son père, faute d'avoir pu le porter en terre : ''Lorsque votre père n'est ni mort ni vivant, lorsque c'est un fantôme, la volonté est impuissante''

Hommage au père disparu, La terre qui les sépare est aussi un témoignage extrêmement précis sur la Libye, de la colonisation italienne à la Révolution du Printemps arabe ; un chant d'amour et de reconnaissance envers tous ces réfugiés, exilés loin de leur terre, ne pouvant l'oublier mais ne voulant plus y retourner : ''Si l'on y retourne, on se confronte forcément à l'absence ou à la défiguration de ce que l'on a chéri''