Eddie Hazel, « guitar hero » des groupes Parliament puis Funkadelic (deux variantes d’un seul et même groupe) est méconnu du grand public. Cet album lui donne longuement la parole et met en valeur les qualités mélodiques propres à nous émouvoir, de son style, par ailleurs jamais très éloigné de celui de Jimi Hendrix.
L’album est agrémenté de deux reprises (une des Mamas & Papas et l’autre des Beatles) même si la basse de Bootsy Collins, les choeurs de Lynn Mabry, Gary «Mudbone» Cooper et Dawn Silva rappellent les compositions du vaisseau amiral. « California Dreamin’ » - ici dans une version plus longue que la version originelle – devient presque une prière gospel invoquant le soleil de Californie dans la grisaille d’un hiver à Detroit.
On a quelquefois qualifié Eddie Hazel d’ Hendrix du pauvre, mais c’est à lui qu’on doit une approche de la pédale wah wah qui allait influencer tous les guitaristes du funk jusqu’à aujourd’hui. A Detroit, à la fin des années soixante, les musiciens de la Motown en quête d’un son moins aseptisé se glissent aux concerts du groupe d’Eddie. Ils en tireront une technique de la wah–wah acoustique qui s’entendra sur des albums passés à la postérité comme le «All directions» des Temptations. D’ailleurs, par la suite, les Temptations feront appel à lui sur certains de leurs albums.
Voici donc une page oublié du funk-rock noir psychédélique. Prêt à embarquer dans une des navettes de la «Mothership connection» ?
Vous trouverez Eddie Hazel à la cote 1.4 HAZ au rayon soul R&B, ainsi que Funkadelic et Parliament aux cotes 1.4 FUN et 1.4 PAR.