Misère au Borinage, tourné par un Ostendais et un Néerlandais, est considéré comme l'acte fondateur de l'histoire du cinéma wallon.
Misère à BorinageSa caractéristique essentielle est dès 1933 d'aborder la réalité ouvrière dans toutes ses dimensions, sans craindre de tendre à la Wallonie un miroir peu valorisant. L’âpreté du cinéma des frères Dardenne est l’écho contemporain de ce regard critique.
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Les enfants de Borinage
Situé dans la province de Hainaut, non loin de Mons, le Borinage est une ancienne région minière. En 1933, le cinéaste belge Henri Storck et son homologue néerlandais Joris Ivens y observaient les conditions misérables des mineurs : Misère au Borinage, passé depuis à la postérité, est parfois considéré comme l’acte fondateur d’un cinéma wallon volontiers tourné vers la réalité ouvrière (voir par exemple l’oeuvre des Dardenne).
Plus de soixante ans après, sous la forme d’une lettre-vidéo, le cinéaste Patric Jean, lui-même originaire de Mons, retourne au Borinage et répond à Storck. L’ironie des premiers instants (« Cher Monsieur Storck, ici, tout a changé ») tourne court : la caméra s’attarde dans les familles, les quartiers, auprès des responsables politiques locaux pour illustrer la transmission de la misère intellectuelle et de la pauvreté d'une génération à l'autre. Au-delà
de la situation belge, ce double programme constitue une charge violente contre le déterminisme social et la sauvagerie de l’exploitation humaine.