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BÉCASSINE ! de Bruno PODALYDÈS : c'est Bécassine que l'on assassine et ressuscite

Auteur : Bruno Podalydès
Editeur : Warner Bros. Entertainment France S.a.s France
Publié : 2018
Type de document : Vidéo fiction
Cote : fa pod

 

Comme Tintin ou Zig et Puce, le personnage de Bécassine, née Annaïck Labornez  en Picardie en 1905,  fit le bonheur de milliers d’enfants. Sa fraîcheur, son caractère toujours égal, sa bouille toute ronde et son langage naïf sont devenus légendaires. Ce n’est qu’en 1913, que Maurice Languereau (alias Caumery) repris le personnage et en fit une finistérienne qui visite l’histoire de France.

Alors qu’ils viennent de se séparer de leur nounou, la Marquise de Grand-Air (Karin Viard) et son grand ami Proeys-Minans (Denis Podalydès) stoppent Bécassine sur la route de Paris, alors que celle-ci vient de quitter sa ferme natale. Tous deux décident de lui réserver le rôle de garde d’enfants et de bonne à tout faire à domicile. La petite Loulotte lui est acquise ! Emerveillée par les risettes de ce nouveau monde luxueux et par les nouveautés des arts ménagers, Bécassine apportera sa soif de découvertes, faisant de ce grand domaine un véritable magasin de  curiosités. Et le spectateur de s’émerveiller à son tour de ce fabuleux débarras et de ce monde délicat et poétique, délicieusement suranné.

Oui ! Merci Bruno Podalydès d’avoir ressuscité notre Bécassine pour le plus grand bonheur des petits, des grands et des...anciens. Celui qui pourrait bien un jour ressusciter notre TINTIN (on rêve d’une adaptation sous sa patte des « bijoux de la Castafiore » !) a réussi à donner son coup de chapeau à la petite servante de Clocher-les-Bécasses. Une petite minorité d’indépendantistes bretons ont boycotté le film. La Bécassine jouée par Emeline Bayart, même si elle porte la coiffe et le costume breton, n’est aucunement caricaturée,  arriérée ou primitive dans le film. Au contraire, même si elle reste vulnérable et candide, elle apporte une fraîcheur de ton et son sourire jovial, loin des clichés de la petite bonne godiche et entêtée. Elle émerveille l’écran grâce à son esprit curieux, sa stupeur bonhomme devant les mécanismes élémentaires et ses illuminations.

Bruno Podalydès s’empare de ce personnage plus vieux d’un siècle et l’introduit dans son petit théâtre de marionnettes repeintes. Sa proposition de « Bécassine » reste populaire et pittoresque, éternellement étourdie par les mille et un défauts de l’existence. Il rend hommage à sa façon à un personnage populaire en l’adaptant librement, comme il rendait hommage  naguère au célèbre détective Rouletabille dans son diptyque. La « Bécassine » de Podalydès ragaillardit son entourage et apporte la modernité au château grâce à son imaginaire vivace et ses idées perspicaces. Tout ceci est contenu dans le point d’exclamation du titre ! Que tous s’exclament qu’elle n’est pas sotte !

Les similitudes avec le monde de Tintin, mais aussi avec celui de Rouletabille ou de Jacques Tati sont heureuses (le château, l’affreux monsieur Rastaquoueros/ Rastapopoulos, le petit chien, l’esprit vif d’un Tournesol, le côté burlesque et enfantin d’un capitaine Haddock). Ces univers se téléscopent pour notre plus grand bonheur de grand enfant !

Si vous n’appréciez pas les récits vulgaires et « bretonnants », ce film est pour vous ! En plus Bécassine possède une bien belle bouche !

Autres entrées :

Le film d’animation BÉCASSINE : LE TRÉSOR VIKING (Fe BEC) en section jeunesse

Les albums GAUTIER-LANGUEREAU sont disponibles à la Bibliothèque de VERNOUILLET.    PK

Bande annonce du film